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L’Extérieur, 2019

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Intérieur / extérieur: au premier regard, ce sont deux opposés distincts, l’un délimitant l’autre en l’excluant. L’architecture dessine et incarne dans l’espace cette dualité apparemment figée: l’intérieur, protecteur, familier, proche, stable, limité par les murs, abrite et s’oppose à l’extérieur qui l’environne, potentiellement dangereux, étranger, vaste et changeant. L’intérieur architectural protège ou enferme en séparant le sujet de l’altérité extérieure. Le couple intérieur/extérieur résonne alors avec la traditionnelle opposition sujet / objet: depuis l’intérieur, le sujet se distingue du monde des objets extérieurs. La vocation de l’architecture serait donc de délimiter des intérieurs-sujets dans un mode-objet.

Pourtant, la limite entre intérieur et extérieur n’est pas si nette. A l’échelle de l’architecture, on peut constater des porosités: qu’il s’agisse de lumière, de son, d’ondes électromagnétiques, d’énergie thermique ou de pollution atmosphérique, l’extérieur pénètre dans l’intérieur et l’intérieur rayonne vers l’extérieur. De même à l’échelle de l’individu et des perceptions, lorsque je regarde à l’extérieur, mon regard se projette de l’intérieur vers l’extérieur, mais dans le même temps ce que je vois entre en moi. L’extérieur pur n’est pas pensable. En effet, tout extérieur est intériorisé par le sujet qui le perçoit, donc jamais pur extérieur, et d’autre part l’extérieur constitue pour le sujet un milieu qui influence son état intérieur, qui n’est donc jamais pur intérieur. (La physique quantique a mis en équation ce lien mystérieux entre l’observateur et l’objet extérieur transformé par l’observation même.)

Intérieur / extérieur : il apparaît donc que la limite entre les deux termes n’est pas si nette et que les deux s’interpénètrent. Cette intuition peut nous aider à penser des espaces et des objets qui ne dissocient plus intérieur et extérieur d’une manière trop schématique et définitive, mais qui les prennent en compte comme un couple indissociable pour interroger la complexité du projet d’habiter.

 

Quatre axes seront explorés : L’Extérieur comme principe du projet, l’Extérieur comme apparence, L’Extérieur comme milieu, l’Extérieur comme intérieur.

  • L’extérieur comme principe du projet

Le thème de l’extérieur nous permet de déplacer notre regard sur la conception des espaces intérieurs et des objets, en nous situant à l’extérieur du strict cadre des métiers et de leur enseignement. De plus, nous considérerons que le cadre du projet est l’extérieur, c’est-à-dire le monde ambiant dans son ensemble, et non seulement l’architecture envisagée comme un contenant délimitant l’intérieur.

Tout projet est la projection d’une volonté intérieure vers un extérieur. La création du premier outil, de la première pierre taillée, a mis à distance le monde et l’a fondé comme milieu extérieur utile aux besoins et désirs intérieurs, comme exploitable. Mais le projet trouve aussi sa source dans l’extérieur, comme monde de réalités et d’idées données, intériorisées et interprétées.

 

  • L’extérieur comme apparence

Le premier intérieur est le corps, le premier extérieur le monde, dès la limite de la peau. L’apparence exprime les états intérieurs d’une personne. D’une manière similaire, la façade d’une  architecture ou la surface d’un objet est une peau qui à la fois peut masquer et dévoiler son intérieur.

La surface extérieure peut être le visage expressif d’une intériorité. La surface extérieure d’un bâtiment ou d’un objet, sa matière et son décor, peuvent être l’expression fondamentale d’un projet qui prend sa source dans la source plus profonde intériorité.

 

  • L’extérieur comme milieu

Nous pouvons considérer l’extérieur comme un monde donné sur lequel nous pouvons agir en le transformant. On peut supposer que l’homme est libre de soumettre l’ensemble du monde au pouvoir des actions techniques. Pourtant, notre société hyper industrielle produit ce que les économistes nomment des “externalités négatives” – des effets indésirables de l’utilisation des ressources et des énergies qui auraient des conséquences irréversibles sur le climat et le milieu de vie humain. Comment concevoir le projet dans cette situation critique où, invoquant l’utilité, l’invention humaine détruit en s’extériorisant ?

 

  • L’extérieur comme intérieur

Le monde extérieur se projette à l’intérieur de nous. Dès lors que nous le percevons, il existe comme une projection intérieure. Ainsi, les espaces habités, donnés comme extérieurs à nous, construisent nos états intérieurs. L’architecture et les objets ont ainsi un pouvoir sur notre affectivité; un espace qui nous rend gai ou triste est lui-même qualifié de gai ou triste: c’est notre intérieur qui se reflète sur l’extérieur comme sur un miroir de notre vie intérieure. Habiter, c’est donc aussi projeter notre intériorité en dehors des limites de notre corps.

Programmation et coordination du Chaudron :
Vincent Tordjman et Cendrine de Susbielle

Jeudi 12 septembre

 

10H  Introduction par René-Jacques Mayer, Directeur de l’école Camondo et Vincent Tordjman, designer

 

10H15  Conférence inaugurale  par Augustin Berque, géographe et philosophe

 

12H15 Conférence : Nicolas Schöffer  par  Eleonore de Lavandeyra Schöffer

12H15 Conférence : La collection Héritage de  Jean-Baptiste Auvray avec Thierry de Beaumont

12H15 Conférence : Les Pollutions dites intérieures par  Nhân Pham-Thi, allergologue et pneumo-pédiatre

 

14H30 Conférence : Twin Peaks, Lost, l’extérieur comme personnage par Pacôme Thiellement, écrivain

14H30 Conférence : Pollutions sonores par Stéphane Mercier, acousticien

14H30 Projections au Cube – Films Après Production

 

16H30 Conférence : La Ville (in) hospitalière par Charlotte Renouprez et Laurent Toussaint (Design For Everyone), designers

16H30 Conférence : Design Expeditions par Mathilde Brétillot, architecte d’intérieur et designer

16H30 Conférence : Le Dessous des cartes par Emilie Aubry, journaliste

 

 Vendredi 13 septembre

 

10H15  Conférence :  Exercices buissonniers par Damien Roger, Botaniste et paysagiste

10H15  Conférence :  La Nature sur écoute par Jérôme Sueur, ecoacousticien

10H15  Conférence :  Alumnis

10H15  Projection dans le Cube, films Après Production

 

11H15 Conférence :  Spaceship Earth, Buckminster Fuller par Paul Marchesseau, architecte d’intérieur et Marin Schaffner, ethnologue

11H15 Conférence : Jeanine Abraham et Dirk Jan Rol : Créateurs à deux têtes par Elea Gangneux, chercheur

11H15 Conférence : Utopie frugale par François Champsaur, architecte d’intérieur et designer

 

12H15 Conférence :  L’Extérieur à l’Opéra par Mariame Clément, metteuse en scène

12H15 Conférence : Mesures de l’Univers par Claude Courtecuisse, designer,  Marie-Christine Angonin, vice-Présidente de l’observatoire de Paris et  Frédéric Meynadier, chercheur au bureau international des poids et mesures

12H15 Conférence :  Alumnis

12H15 Projection dans le Cube, films Après Production

 

14H30 Conférence /Performance musicale :  Eloge de la fuite par Laurent Jeanneau

14H30 Projection dans le Cube, films Après Production

 

16H30 Conférence de Clôture par Tadashi Kawamata, plasticien avec Gilles Coudert, producteur et réalisateur (sous reserve)

 

 

 

 

 

 

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